Sapa et les villages ethniques

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Après Hanoï direction la montagne et les rizières en terrasses de Sapa. Nous arrivons sous une pluie battante mais le chemin sinueux qu’emprunte notre bus de Lao Cai à Sapa nous dévoile déjà des paysages à couper le souffle dans la brume : des torrents, de magnifiques rizières jaunes (c’est la période de récolte), des maisons en bois qui fument…

Première constatation : ici on se gèle et évidemment nous ne sommes pas équipées pour ce froid et forcément dans le carton qu’on a renvoyé en France avec les affaires qui ne nous ont jamais servies en trois mois et bien forcément c’est là qu’elles seraient utiles.

Sapa est une ville pour laquelle on fait étape pour les nombreuses randonnées aux alentours à la rencontre des minorités ethniques. La ville est l’une des plus touristiques du Vietnam mais ce qui est gênant ici c’est que les minorités sont les dernières à profiter de ce business. Nombreuses femmes tentent de vendre le fruit de leur travail dans la rue au milieu des restaurants, agences de voyages ou boutiques…

Nous voulions visiter les environs mais à poussette nous pensions que c’était trop galère, nous voila donc à la recherche d’un porte bébé à louer, personne n’a ça ici, une petite bonne femme veut nous vendre des bracelets et des bandeaux, j’ai remarqué qu’elles portaient leur bébé dans le dos, je lui demande si elle a ça, « ok ok tu reviens promis, je te montrerai comment porter ton bébé », elle tend son petit doigt et serre le mien « promis? ». Nous revenons donc un peu plus tard et nous qui avons résisté pendant quatre ans aux écharpes de portage, nous voila entourées de toutes ces femmes qui nous montrent les différentes manières de porter Ella dans les champs. Nous ré-essayons sous les rires des unes et des autres « si tu portes ton baby comme ça pfiiiouit il tombe! ». Bon je crois qu’on a encore un peu de boulot mais Ella a l’air de trouver ça agréable.

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Nous avons fait une rando dans la vallée la plus accessible à pied avec elle, à Cat Cat, où elle s’est littéralement éclatée à courir dans les champs, à jouer avec les moulins à eau, voir les cochons en liberté, les buffles…

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Nous nous sommes pas mal reposées à Sapa, balades, sieste, temps libre pour tout le monde et tartiflette!

Je crois que nous n’aurons jamais mangé autant de tartiflette qu’au Vietnam! Il faut dire que l’air frais ici s’y prête bien.

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J’avais envie de pousser plus loin la rando et la découverte de la région, je suis donc partie en trek seule car les filles avaient besoin de se reposer. J’avais choisi une agence qui travaille davantage avec les locaux, les guides sont issus des villages que nous visitions et nous sortions un peu des sentiers battus. Le premier village que nous avons traversé faisait malgré tout partie de « l’autoroute des touristes » car inévitablement nous devions passer par là pour monter plus haut. L’affluence met au premier abord met mal à l’aise. D’une part parce qu’on a l’impression que les tribus perdent leurs âmes avec les boutiques de souvenirs, d’autre part parce qu’on se sent un peu voyeurs dans certains villages où ils manquent de beaucoup de choses. On nous montre une école, les enfants doivent être entre quarante et cinquante par classe, les touristes rentrent et sortent pendant que les mômes dessinent, apprennent etc…et se font photographier « regarde la petite là sans chaussures comme elle est mignonne » (véridique). Depuis le début de la rando, une horde de femmes nous suit, je sors de l’école et m’assoit avec elles. « Pourquoi tu ne vas pas avec les autres touristes dans l’école? ». Je leur répond qu’on n’est pas au zoo et je n’aimerai pas que des touristes photographient ma fille à l’école de cette façon à longueur de journée. Une petite mamie demande ce que j’ai dit. Une des femme lui traduit. Elle me lance un grand sourire. Pendant tout le trek elle me tiendra le petit doigt et ne me lâchera pas d’une semelle.

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Une fois passé ce premier village pourtant, tout cela s’estompe, nous sommes seuls et nous pouvons profiter de magnifiques paysages en crapahutant dans la boue,  en escaladant des chûtes d’eau ou en traversant des forêts de bambou. Entre la lumière, les odeurs de fumée, les bâtonnets d’encens qu’ils fabriquent eux mêmes, les animaux qui traversent la route, les vêtements colorés, la hauteur, on retrouve cette sensation de liberté, de sérénité et de bout de monde que l’on recherche en voyage.

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Et voila c’était notre dernière étape au Vietnam. Demain nous repartirons sur Hanoï puis direction Bali via Singapour!

 

octobre 14, 2015 Ma maison sur mon dos Vietnam 1 Comment

One Comment

  1. elo

    octobre 26, 2015

    Comme ça me fait bizarre cette description de Sapa et des villages des montagnes…
    J’en garde un souvenir tellement génial… Des agences de voyage? A Sapa? Des boutiques de souvenirs? Dans les villages? C’est juste… incroyable…
    Et c’est là qu’on compte le nombre d’années… Ah bah oui, les choses changent en 20 ans…
    (Et c’est là qu’on se dit qu’il ne faut jamais retourner dans les endroits qu’on a aimé il y a longtemps, parce que ça change jamais en mieux! )

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