Hpan An et Mawlamyine

COUV

Un petit moment que nous n’avons pas donné de nouvelles, mais il faut dire que la connexion birmane est assez insuffisante en général et quasi-inéxistante où nous sommes. Mais comment faisions-nous avant quand on voyageait sans ordinateur portable, sans trip advisor ou booking ?;)

Nous sommes finalement parties de Rangoon pour aller en direction du sud est du pays, du côté d’Hpa An. Je préfère prévenir, commencent alors deux trois jours de râlage intensif et de « vivement la Thaïlande ». C’est absolument merveilleux de découvrir une région encore peu touristique. C’est super mais c’est aussi synonyme de pas de taxi, des gargotes locales…très locales, des difficultés en tous genres à organiser nos déplacements…Rien à voir avec le nord du pays. D’autant que depuis notre fameux repas dégueulasse au zoo de Rangoon, Mireille et moi sommes atteintes de nausées qui nous coupent l’appétit et que le fried rice à tous les repas n’aide décidément pas à ouvrir. Ella heureusement ouf, n’est pas malade et s’adapte à tout.

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Nous voila donc le premier soir dans un hôtel près du lac mais assez excentré. Nous montons au restaurant de l’hôtel, passant outre l’odeur pas terrible des cuisines. Et quand nous ouvrons la carte, stupeur, le moindre petit fried rice débute à 7000 ou 8000 kp, soit environ 8 fois le prix normal. Enre le prix et l’odeur, il nous semblait impensable de dépenser cette somme dans un restaurant en plus dégoûtant. Décision prise puisqu’il n’y a rien de pique niquer dans la chambre en allant cherchant du pain de mie et du thon à l’épicerie du coin. Bah y en a pas. Il y a des litres et des litres d’huile de tournesol, des crevettes séchées et des clopes. Nous finirons par avaler des boulettes de patates dans une gargote locale. Le lendemain, nous cherchons vainement un tuk tuk, la voisine connaît quelqu’un, l’hôtel connaît quelqu’un mais pas de tuk tuk à l’horizon ou au bout du fil. Finalement quelqu’un ira en chercher un au bar où ils sont tous amassés à 10h du mat’. Bon l’avantage du tuk tuk c’est que c’est ouvert et je crois que ça a fait beaucoup de bien à notre chauffeur de prendre l’air.

En revanche à partir de là nous avons ce sentiment indien de vivre quelque chose d’extraordinaire tout en étant lessivées. Commence une journée de visite dans le coin, sur des pistes défoncées, dans des paysages à couper le souffle, les enfants qui courent derrière nous avec des « Mingalaba », un papy qui monte avec sa hache dans le tuk tuk et commence à nous faire la causette en birman, des rizières, des paysages karstiques, des grottes et des retours en pirogue, des trempettes dans les bassins…Là on se dit que vraiment on a la chance d’en profiter maintenant, sans touristes, dans une nature vierge et sublime et Ella me soufflera « nous sommes des explorateurs ». C’est assez bien résumé au final.

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Le soir nous réussissons à trouver un resto en bambou tenu par des volontaires, un coin superbe où l’on mange de délicieuses salades pour trois fois rien (pour les routards il s’agit du Veranda Youth community café, à côté du lac et des hum…Manèges !). Le moral commence à remonter. Le lendemain, échaudées par l’expérience de la veille et voulant être libres, nous louons un scooter. Nous ne l’avions plus fait depuis le Vietnam où nous avons assisté à deux accidents mortels. Mais les routes sont désertes et assez bien entretenues pour ce que nous voulons faire, donc décision est prise, location de scooter.

Nous traversons donc à nouveau ces paysages qui nous rappellent vaguement le Vietnam avec ces roches bleues qui s’élèvent au dessus des rizières. Nous tombons sur un restaurant que nous avions repéré. Suisse et chic. Mais la planchette de charcuterie espagnole a fait office d’anti-dépresseur ! (Hpa An Lodge Restaurant, oui on parle beaucoup de nourriture mais il semble que ce soit LE sujet de discussion des français ici). Enfin repues, nous voila donc parties à la découverte des nombreux temples perchés sur les collines, des jardins emplis de centaines de Bouddhas. Nous faisons comme la jeunesse birmane, nous louons des bouées et plongeons dans les grands bassins au pied des temples, avant de rejoindre les manèges, forcément !

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Nous rendons la moto puis allons manger en ville, il nous semble que cela sera plus facile de trouver un tuk tuk pour remonter à l’hôtel. Que nenni ! Nous voila donc dans le noir total (il n’y a pas d’éclairage ici) en train de remonter furax à pied avec la poussette.

Le lendemain nous prenons un bus local pour rejoindre Mawlamyine, un voyage paisible toutes vitres et portes ouvertes. Quelle étrange ville que Mawlamyine…Ses habitants sont en majorité indiens musulmans, ses façades nous rappellent Centro Havana avec ses bâtiments coloniaux tout décrépis mais sans la gaiété cubaine qui fait son charme. Mawlamyine n’est pas spécialement belle et n’est pas spécialement moche. Elle est…différente. On dirait une ancienne ville coloniale déchue, où l’on remonte dans le temps. Nous attirons beaucoup de curieux, car il y a encore moins de touristes ici qu’à Hpa An où ils n’étaient déjà pas si nombreux. Cela va être dur de retomber dans l’anonymat total en France sans que personne nous prenne en photo ou traverse la rue juste pour nous demander si on est happy ! Ella qui la pauvre, subit les pincements de joues à longueur de temps, a trouvé un truc imparable désormais : dès qu’elle voit quelqu’un s’approcher d’elle, elle se met à faire une tête toute bizarre de psychopathe en se mettant à hurler et à grogner, ce qui fait que les gens flippent effectivement. Une fois éloignés, elle se met à éclater d’un rire démoniaque. Bon il faut avouer que c’est très amusant. En revanche quand elle en a envie, elle est désormais capable d’aller vers les gens et d’entamer une petite conversation simple en anglais, de comprendre leurs questions, dire son prénom, son âge, où elle vit etc.

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Nous voila donc à Mawlamyine, dans un hôtel lui aussi étrange, une ancienne bâtisse coloniale au bord du fleuve, un lieu qui serait magnifique à restaurer mais qui fait l’affaire pour deux nuits. En fait on dirait un lupanard des années 30 (lol) avec ses hautes pièces et ses alcôves. Nous essayons de trouver quelqu’un pour aller voir le plus grand Bouddha du monde (trop la classe!). Le taxi de l’hôtel nous demande une somme faramineuse, nous décidons de chercher un tuk tuk, un peu plus présents ici. On voit passer un machin tout croulant de rouille avec deux planches clouées sur la tôle en guise de siège qui crachote sur le chemin, et on se fait remarquer que « ouais mais pas un truc comme ça ». Finalement aucun chauffeur ne parle anglais et ne comprend où l’on veut aller. Un jeune nous vient finalement en aide, on explique le trajet etc, il siffle quelqu’un et nous voila avec devant nous…Le tuk tuk tout croulant. Allez hop c’est parti pour un trajet les fesses par terre sur la planche, avec une structure dévissée, un chauffeur qui s’arrête pour donner des coups de marteau sur son guidon et une Mireille super positive qui me sort en écartant les bras avec fierté « Hey ! Alors hein ? On s’est pas mal débrouillées ! » (yeux de poisson mort de l’interlocutrice).

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Nous voila donc devant le plus grand Bouddha du monde, 187 mètres de long, rien que ça ! La vue depuis le chemin est impressionnante. Nous montons donc « dans » le Bouddha, au niveau du corps, de la tête à travers des armatures métalliques rouillées, de béton, un chantier, de scènes sanglantes représentant la vie de Bouddha. Rien n’est fini, les escaliers en béton s’enchaînent. Là encore, l’ambiance est assez difficile à décrire tellement c’est…insolite.

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Retour sur Mawlamyine et nous prenons un bâteau pour « l’île du lavage des cheveux ». Quand on vous dit qu’ici tout est différent ! Le trajet ne dure quelques minutes pour attendre une île de 200 mètres de long où vivent des nonnes, gardiennes du fameux puits à l’eau réputée magique, où les rois venaient pour leur shampooing. Un lieu très paisible et assez particulier où de jeunes nonnes nous ont conduites au puit, après nous avoir offert à boire.

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Et voila pour cette partie de la Birmanie, nous remontons demain au Rocher d’Or puis nous entamerons la remontée sur Rangoon pour prendre notre vol vers la Thaïlande.

 

décembre 2, 2015 Ma maison sur mon dos Birmanie No Comments

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